Voici les mots inscrits sur mon carnet de voyage il y a de cela plus de dix ans, quand, au retour d'Andalousie, nous avions fait escale dans la cité historique de Toledo. Fruit d'un large afflux de touristes, les armureries et autres magasins de souvenirs sont en effet partout... Ou plutôt, de parts et d'autres des rues et des places principales de la ville.
Mais si on sort un peu des sentiers battus, si on ose s'aventurer dans une rue étroite dont on ne voit pas le bout, l'on découvre une ville au tout autre visage.
Une ville pavée, une ville de pierre et d'histoire. Ici, une porte de bois sculptée, renforcée de cônes de fer. Là, un petit passage surélevé, entre deux maisons. Parfois, au détour d'une rue, on tombe sur une place, toute calme, le jardin d'un monastère, ou quelques habitants profitent du soleil d'automne. D'autres fois, on tombe sur un monument, une église jésuite, et quand, par curiosité, on ose entrer, on découvre un intérieur inondé de lumière par les ouvertures hautes et par les murs blancs.
En marchant un peu, on arrive à l'extrémité de la cité. Si on a le courage de monter les marches, on peut profiter d'une large vue. Tolède est connue dans les textes depuis l'historien romain Tite-Live. Mais il parait que des peuples l'habitaient bien avant. On les comprend : rien de tel qu'un lieu surélevé, au sommet d'une colline et encerclé pour une bonne partie par le fleuve Tage, pour se protéger. Une forteresse naturelle, en somme.
Tolède fut une cité aux multiples influences, puisqu'elle fut successivement un municipe romain, une capitale wisigothique, une place forte de l'émirat de Cordoue, un avant-poste du royaume chrétien contre les invasions maures et le siège temporaire du pouvoir du souverain Charles Quint.
Une ville d'histoire, mais aussi une ville d'art.
Car un peu plus loin, on peut visiter le musée du Greco, ce peintre d'origine grecque -comme nous indique son surnom (en vérité, il s'appelle Dominikos Theotokopoulos... mais chuuut !)- donc, ce peintre d'origine grecque, imprégné de culture italienne puis espagnole, qui élit domicile à Tolède en l'année 1577.
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En bref, Tolède est une ville pleine de richesses, si (à regret) on évite la cathédrale et autres lieux où pullulent les touristes à flash qui parlent fort et qui oublient d'écouter le chant millénaire des pierres silencieuses.

4 commentaires:
Superbe cette rue étroite! Ce paysage est magnifique aussi! Tu vois de si belles choses, profite, retiens tout ça pour voyager toute ta vie dans des souvenirs pareils...
Que signifient les cadenas sur les anneaux?
Et bonjour à Theotokopoulos!
@Ju - Les cadenas sur les anneaux, je ne sais pas bien ce que ça signifie... A chacun d'y voir ce qu'il veut (moi ça me fait penser aux secrets que gardent les pierres ! Ihi je suis un peu mystique !).
des épées !!! :D
Merci pour la balade :-) ça donne envie ce "chant millénaire des pierres silencieuses" … et puis c'est beau… non seulement Tolède mais ton texte et les images !!!!!!
ça manque un peu de tas de bois mais bon ;-)
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